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Peut-on apprenre à penser ?

 
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PostPosted: Thu 17 Jan - 19:38    Post subject: Peut-on apprenre à penser ? Reply with quote

Ce qui est en rouge, c'est ce qui n'a pas été aprécié du professeur, ces passages sont numérotés et les commentaires sont répertoriés à la fin de l'écrit.           
Ce qui est en vert est ce qui a été apprécié et valorisé par le professeur.           
Je réclame des droits d'auteur sur cet écrit, je vous demande donc de me demander la permition si vous souhaitez imprimer ou copier/coller ce texte. Merci.           
 
Tous les éléments utilisés dans cet écrit sont dans le cours de TS1 je n'est ajouté aucune référence personnelle. Ce texte fait une copie double entière (4 pages) et vaut entre 10/20 et 13/20.           
 
                                                                                                                                                                                                                                               
Bac Blanc n°1 du Mercredi 28 novembre 2007.           

Peut-on apprendre à penser ?        
 
           Le fait que l’on puisse apprendre à penser voudrait dire qu’il serait possible de suivre un enseignement, la pensée serait donc bornée et définitive et il y aurait mesure à l’évaluer, ce serait apprendre des pensées. Or penser est dans la nature de l’homme. On peut empêcher un individu de tout faire sauf de penser, même les régimes sectaires et dictatoriaux n’y sont pas arrivés. L’homme pense, c’est un fait acquis. Seulement, il peut penser en deux domaines, celui du sensible et, ou celui dans lequel il va faire la démarche de comprendre. C’est cette distinction qu’il convient ici d’approfondir.

           L’homme se distingue de l’animal par sa capacité à faire usage de la raison en faisant abstraction de ses perceptions. Or, le plus souvent, il se suffit à cette simple option en se contentant de constater en son intérieur les évènements qui l’entourent, ne se basant que sur ce qu’il perçoit. Il tire alors des conclusions et des vérités résultant du réel sensible. Dans cette condition, l’homme se présente dans sa dimension naïve et infantile déjà dénoncée par Rousseau, il croît se qu’il voit et s’installe dans ce confort finissant par devenir proie de la doxa et du dogmatisme. S’enfermant dans l’habitude, il se retrouve susceptible de croire quiconque soulèverait une controverse. Ce que déjà au Vème siècle av.- JC les sophistes faisaient dans le but de tromper leur public et d’en tirer profit, ce que dénonçait Socrate comme l’explique Platon et le commente Pierre Hadot. Preuve qu’il vaut mieux parfois savoir que l’on est dans l’ignorance plutôt que d’affirmer des connaissances empiriques ou générales en servant des poncifs, Socrate dit d’ailleurs à ce sujet que sa première connaissance, c’est son ignorance. Dans leur ambition quelque peu vénale, les sophistes sont de loin le cas le plus avancé de cet enfoncement dans l’illusion car ils savent pertinemment que ce qu’ils disent est loin de la vérité et n’incitent pas les gens à penser hors de leur entourage. Certes, le fait de penser est inné chez l’homme, mais il ne doit pas se résoudre à stagner dans cette dimension infantile tolérable pendant un certain temps mais qui doit à tout prix dépasser l’argument d’autorité (1). Car si l’individu arrive à persister dans sa démarche, même lorsque l’on parvient à lui montrer qu’il a tort comme le fait Descartes par exemple du bâton brisé, alors son esprit est en grand danger. N’étant pas capable de tirer des « connaissances » à partir du sensible comme le dénonce Socrate dans le dialogue Phédon, de Platon. Cet esprit imbibé de rhétorique n’a pourtant besoin que d’une époké qu’il pourrait comprendre pour commencer à évoluer (2).

          Le « sentiment d’émerveillement » dont parle Bertrand Russel, permet à un esprit capable d’assimiler, de prendre conscience du « cosmos » et alors de se questionner en mettant à l’épreuve du doute, à la manière de Descartes, toutes ses connaissances par un pyrrhonisme rationalisé. Prendre conscience comme Héraclite de la mobilité de ce cosmos, et être capable d’aller de manière rationnelle au-delà de ses sensations afin de devenir sujet (3). Pouvant alors douter de tout sauf du fait qu’il doute, ce sujet donc, pense, il devient (4) le « roseau pensant » de Blaise Pascal. Cette irréductibilité du sujet pensant l’emmène sur un parcours dialectique que Platon dans le livre VII de La République présente avec l’Allégorie de la Caverne (5). Ces prisonniers dont l’ascension vers l’Intelligible est douloureuse mais nécessaire, montrent qu’il n’appartient qu’à l’individu de faire cet « effort » d’accéder à une partie de la transcendance (6). Par l’usage de la raison, se démarquer de l’animal et sortir de la grotte afin de ne plus errer dans l’illusion. Leibniz dit que pour accéder à l’universel, il faudrait faire abstraction de ses sens, or ils sont à la base de toute nature humaine. L’homme ne peut, par conséquent, se détacher entièrement de sa part sensible. « Je pense donc je suis » dit Descartes, reste à faire la part des choses. L’homme appartient au réel sensible quoiqu’il en pense, et une fois que le pas est franchi et que l’esprit comprend qu’il vivait dans l’ombre, le retour parmi les préjugés fait du néophyte un inadapté social et c’est de nouveau à lui de faire l’effort. Le fait d’être en mesure de démontrer, d’expliquer et de comprendre, fait que l’esprit pense « vraiment », seulement, même encore loin d’être dans l’absolu, il en est déphasé et ne peut que retomber dans le cas général s’il veut après avoir libéré son esprit, exister corporellement. A moins qu’il ne puisse s’entretenir avec un autre que lui-même dans cette situation.

          On se dit alors que si le fait de penser est inné et que par conséquent, on ne peut pas apprendre à penser, que l’on pourrait tenter d’apprendre à penser à quelqu’un d’autre que l’on jugerait prisonnier de l’illusion, errant dans les habitudes. On souhaiterait partager avec autrui ses connaissances et espérer provoquer chez lui « l’époké » libératrice en l’amenant à faire cet effort. Par ce fait, l’individu pourrait dire qu’il a appris à penser alors que c’était inné chez lui aussi, il est simplement allé au-delà du perceptible avec de l’aide. Penser ne s’apprend donc pas mais peut évoluer. Il n’y a donc pas création mais évolution soit de manière autodidacte, on pourrait donc apprendre à penser soi même, mais ceci ne traduit que le fait que notre esprit va évoluer seul en continuant de se poser des questions métaphysiques. Penser n’est pas une action corporelle, l’esprit est prisonnier du corps. Soit cette évolution peut également se faire au contact d’un individu qui lui aussi est dans cet inconfort social et avec qui, l’échange d’arguments peut nous faire avancer et dans le sens inverse, nous pouvons le faire avancer. On n’apprend pas ici à penser, on s’imprègne seulement de ce qu’il peut nous apporter comme informations supplémentaires. Mais pour que cela soit faisable il faut tout de même avoir effectué sa propre démarche car on ne serait sinon que dans la consommation brute. On peut apprendre de quelqu’un mais pas apprendre à penser grâce à lui (7).

          Etant le propre de l’homme, penser ne peut pas s’apprendre. Il faut cependant éviter de se comporter comme un enfant et prendre conscience en poussant toujours plus loin sa pensée en recherche de réponses. L’absolu n’est pas accessible, mais cherche à toujours plus s’en approcher par usage la raison distingue bien les manières différentes qu’ont les individus de faire usage de ce don. Penser ne s’apprend pas, ce qui s’apprend, et c’est là que l’éducation joue un rôle très important, c’est à faire bon usage de se pensée et de son bon sens.

                                                                                                                                                                                                                                                  
Il m'a d'abord été fait remarqué que mon introduction ne présentait pas exactement un enjeu ou l'enjeu.
(1) Pas seulement.
(2) Il faut expliquer.
(3) Un peu rapide !
(4) prend conscience d'être.
(5) Il ne faut pas tout mélanger !
(6) Pas exactement ici.
(7) C'est pourtant ce qu'essaient de faire les philosophes ! "maîtres à penser" !
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